On vous demande de parler des livres tout le temps. On n’aura pas le temps de tout lire, tout comprendre. Mais on aura peut-être le temps de devenir curieux. Avoir le sens de la curiosité, c’est déjà beaucoup. C’est faire un grand pas vers la vie. La vie qui brise, qui tue, qui embrasse. La vie qui donne espoir.
Vous ne pouvez pas tout lire. Il faut faire les courses, regarder un film, cuisiner, marcher, travailler. J’ai un ami qui dit toujours que seul un rentier peut avoir une grande culture. Il cite parfois Marcel Proust comme exemple. Le rentier ne travaille pas trop. Il dort, se lève dans sa bibliothèque. Il a de quoi pour les musées, voyager, rencontrer des gens. Le voyage est incontournable. Il développe un certain égard pour la curiosité. C’est la rencontre qui est fondamentale. Il y a des savoirs qui ne seront jamais dans les livres, mais qui se transmettent par l’oralité.
Je n’oublierai jamais ma rencontre avec cette Allemande, sur la terrasse d’un hôtel, un soir éclairé de lune. Elle me parlait du romantisme allemand, de ce que la société pense d’eux, de la poésie allemande, de sa vision de la littérature. Je crois que même si j'avais lu un livre, je n’aurais pas pris autant de plaisir que dans cette conversation. Je quittai l’hôtel le lendemain avec un autre regard sur Goethe, Novalis…






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