Ce vendredi 8 août, il est 11 h. Rue des Marguerites, les passants se font rares, les commerçants de rue hésitent. Devant la grille du numéro 10, dans cette même rue qui abrite le Collège Roger Anglade, les voix des participants résonnent… tandis qu’en contrebas de Pacot, des coups de feu éclatent. Dans la pénombre de la vaste salle du bâtiment, une quinzaine de jeunes sont assis en cercle. Ricardo Boucher, debout face à eux, les invite à écrire un poème… sur ce qu’est un poème. Un exercice de mise en abyme pour cette quatrième journée d’atelier, qui vise à offrir à ces adolescents un espace d’expression.

« J’aimais déjà la poésie, c’est une passion pour moi. Lorsque le projet nous a été présenté, j’ai été immédiatement captivé », confie Charlessaint Manel London, 17 ans, résident du camp scolaire République de Colombie. « Comme j’avais déjà cet amour pour la poésie, après avoir compris le contexte et les objectifs, j’ai accepté de participer », poursuit l’adolescent, contraint de fuir son domicile en novembre 2024, à Solino, pour échapper à la terreur des gangs. Pour lui, les journées passées à l’atelier ont été particulièrement enrichissantes. « Dès qu’un groupe se réunit, il y a un partage de savoirs et une circulation d’énergie », affirme-t-il, enthousiaste face à tout ce qu’il dit avoir appris.