Le Nouvelliste : Vous êtes encore en exil, cette fois dans un contexte géopolitique particulièrement contraignant. Avant d’aborder Exode, votre dernier roman, pouvez-vous nous parler de ces arrachements à la terre natale ?

P.C. : Ces exils ont façonné l’être que je suis aujourd’hui. 1980, 1991, 2004, 2014 et 2025 ont été des années de douleurs intenses et d’expériences décisives. De la dictature de Duvalier à l’espoir démocratique suscité par Aristide, en passant par les virages militaires, les compromis géopolitiques et les terrorismes aveugles et violents, nous avons vécu une déstabilisation individuelle et collective profonde.

Nous avons cherché à maintenir un certain équilibre par la création picturale et littéraire, mais aussi à travers un projet de bibliothèque de proximité — malheureusement vandalisée au début de cette année 2025…