Le roman s’ouvre en 1818, à La Nouvelle-Orléans, où naît Élizabeth. Victime de deux tentatives de viol, elle refuse d’être une proie et oppose une résistance farouche aux prédateurs, y compris à un ami de son père. Dans cette ville où les hiérarchies raciales et sociales dessinent des frontières étouffantes, elle trouve dans l’exemple de sa grand-mère, une ancienne esclave venue d’Haïti, une force nouvelle. Affranchie au début du siècle, cette aïeule a bâti sa liberté pierre après pierre, devenant une commerçante respectée et refusant toute soumission au désir masculin.

À travers elle, Élizabeth découvre une filiation marquée par la dignité et la résistance silencieuse. Initiée très tôt aux mystères des divinités vaudou, elle s’abreuve de cette spiritualité comme d’une énergie vitale. Lorsque les circonstances l’y contraignent, sa grand-mère couvre sa fuite. Élizabeth s’embarque pour Port-au-Prince, où le lecteur la retrouve des années plus tard, maîtresse de son destin, mère d’un fils dont le parcours héroïque traversera l’histoire haïtienne en libérateur.