|
Pays (2024)
|
taux d’inflation
|
Dette publique
|
PIB
|
Chômage
|
|
Rep. d’Haïti
|
26,9 %
|
11 %
|
25,2 milliards
|
15, %
|
|
Rep. dominicaine
|
3,3 %
|
50 %
|
124, 2 milliards
|
5,5 %
|
Pourquoi un Etat s’endette ?
Positivement, comme je l'ai dit dans le paragraphe précédent, la dette c'est une accumulation engrangée pour couvrir l'excédent du déficit. Ce déficit découle des charges qui peuvent être conjoncturelles ou courantes ou les deux en même temps. En effet, lorsque l'économie connaît une contraction de croissance, cette situation conduit à l'État de prendre des mesures ponctuelles pour relancer la demande globale via des politiques économiques ( budgétaire ou monétaire ). Ces mesures sont parfois difficiles à mesurer sur le court terme. Toutefois, les comptes publics sont creusés par un déficit relatif aux nouvelles mesures poursuivies. L’exemple le plus parlant dans le contexte budgétaire haitien, c'est la mise en place d'une nouvelle loi de finances rectificatives baptisée Budget de guerre entrepris par ce gouvernement pour apporter une solution à la crise sécuritaire dans laquelle le pays se retrouve. Par conséquent, le résultat attendu est le fruit de ces mesures exceptionnelles. D'où, le constat du creusement constant du déficit.
Ce déficit peut être dû à des dépenses courantes. Autrement dit, les dépenses courantes sont essentielles pour répondre aux besoins quotidiens, notamment payer les salariés, fournir les matériels nécessaires pour faire fonctionner l’administration publique. Au regard du principe de la continuité des services publics, ces dépenses courantes jouent un rôle central dans la réalisation du bien-être des citoyens vivant sur le territoire national. Comme le mentionnait l'économiste allemand au début du xxe. siècle, Adolf Wagner, l'accroissement des dépenses publiques est un condition préalable pour toutes les sociétés démocratiques en raison des attentes populaires, à savoir des infrastructures publiques, le logement, la justice sociale, la lutte contre la corruption et la santé, y compris la sécurité. Ce paradoxe justifie la mutation de l’Etat gendarme a l’Etat social. C'est le cas concrètement dans toutes nos loi de finances, on constate que l'éducation est le principal poste de dépenses dans le budget de la Nation et l’Etat demeure le principal employeur dans tout le secteur socio-économique haitien.
L’aspect néfaste de l’endettement peut faire parler de lui du fait de la mauvaise gouvernance financière que les gouvernements n'arrivent pas à maîtriser. En d’autres termes, cette mauvaise gestion se traduit parfois par l'incapacité de concevoir des réformes structurelles dans l'administration publique haïtienne et dans le systeme fiscal haitien. Prenons un cas précis, le budget de la République qui est défini par un principe d'antériorité, permettant au Parlement de disposer un pouvoir de contrôle a priori. Autrement dit, un monopole de décision sur le gouvernement en matière d’autorisation. Par ailleurs, il exerce un autre contrôle mais a posteriori sur la réalisation des prévisions gouvernementales. La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif en tant qu’organe juridictionnel exerce un contrôle a priori, en rendant des avis sur le projet de loi budgétaire avant son adoption devant le Parlement. Mais également la Cour, dans le cadre d’un contrôle a posteriori, est tenue de rendre des arrêts (quitus ou débets) et publier des rapport sur le maniement des fonds publics auxquels les gestionnaires font face. L'inspection générale des finances, toujours est-il, un organe administratif, sa mission est ancré dans le contrôle de gestion des deniers publics au sein de l'administration publique. Et pour finir, on a l'unité de lutte contre la corruption (ULCC), sa finalité est de mettre en œuvre et poursuivre tous les cas de corruption répétée au sein de l’Etat. Malheureusement, selon le transparency international avec son indice de corruption, Haïti fait partie des dix pays les plus corrompus à travers le monde. Ce qui veut dire simplement la réduction de l'administration est une opportunité à saisir dans la réduction de la dépense publique qui engendre souvent un déficit structurel, ce n’est normal pour l’Etat haitien dispose d’environ quatre institutions de contrôle dans une économie à faible revenu.
La pérennité de la dette peut s’expliquer par un taux de prélèvement assez insignifiant voire un paradis fiscal de manière implicite, qui peut générer un déficit cuisant pour les solde budgétaire de l'État concerné. C'est exactement le cas chez nous ou la pression fiscale est particulièrement négligeable est autour de 12 % à 15 % du PIB, sous prétexte d'encourager l'initiative et l'investissement direct etranger. Pour ma part, c’est un total paradoxe par le simple fait qu'un pays qui ne dispose pas des infrastructures de base, peu importe le niveau de ponction fiscale mise en place, cela ne marche pas.
L'incapacité de tenir les promesses engagées par l’Etat auprès de ses créanciers conditionne sa limite au reste du monde en matière d’emprunt. Le fonctionnement de l’administration publique devient un pot de chagrin en raison de la déliquescence des services de base fournis à ses usagers et ses citoyens. Voilà pourquoi, les institutions de Brettons Woods sont tenues de solliciter l’Etat haitien de mettre en place des réformes sans prendre en compte les conséquences que cela puisse entraîner sur l'économie, mais aussi sur le reste de la société. Sans faire l’avocat du diable, l’une des missions de ces institutions est de lutter contre la pauvreté dans le monde, d’une part. La démarche auprès des Etats pour garantir une stabilité économique permanente et florissante, d’autres part.
Ce n'est pas raison l’aide publique au développement (APD) reste et demeure un instrument très prépondérant pour venir en aide à certains États particulièrement un pays comme Haïti. Ce mois d'août, la BID met à la disposition de l’Etat haitien un fonds de 43.9 millions pour réduire le taux de précarité pour les 200 000 jeunes haïtiens.
Par conséquent, selon la Banque mondiale et l’OCDE la pullulation des bailleurs de fonds atteint un niveau sans précédent depuis 2004 dans l'octroi des prêts, ce qui nous permet de croire que le marché de la dette est très concrètement prometteur.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.