Depuis le weekend écoulé, on commence à découvrir l’ampleur des dégâts dans des quartiers du bas de Delmas et de Port-au-Prince tombés depuis des mois sous le contrôle des gangs. Si les images prises par drone permettaient d’avoir une idée de la dévastation de ces quartiers, la visite des lieux en début de semaine par des membres de la population confirme que tout y est à refaire. Selon les images circulant sur le net, dans la plupart des cas, seuls les murs des bâtiments sont restés debout. Des habitants de Nazon, Delmas 30, Solino, Delmas 24…ont pu y accéder après la décision du chef de la coalition de gangs Viv Ansanm, Barbecue, de demander aux déplacés de revenir chez eux. Les gangs qui occupaient ces zones ont été rappelés, selon des images devenues virales sur les réseaux.

En retournant sur les ruines de leurs maisons, des membres de la population manifestent leur volonté de rentrer chez eux. Ils le disent sans langue de bois. Il est un secret de polichinelle que la vie dans les camps est dure, voire inhumaine. Et depuis des mois et des mois, ils ont attendu en vain la reprise des quartiers par les forces de l’ordre. De Garry Conille à Didier Fils-Aimé, d’Edgard Leblanc en passant par Lesly Voltaire et Fritz Jean pour arriver à Laurent Saint-Cyr, ils n’ont que des slogans et des promesses. Dans l’intervalle, il y a eu des changements à la tête de la PNH et des forces armées d’Haïti ainsi que l’arrivée de la force multinationale. Tout cela n’a jamais inquiété les gangs.