La question est peut-être prématurée, car le pays est en pleine guerre contre lui-même. La destruction des biens se poursuit. Ceux qui ont pris les armes contre la nation continuent de semer le deuil, de violer, de kidnapper… Ceux qui les financent poursuivent aussi leur sale boulot. L’arrivée de Laurent Saint-Cyr à la tête du CPT en remplacement de Fritz Alphonse Jean ne laisse pas encore entrevoir le début de la fin de la spirale de la violence aveugle des gangs. S’il est vrai que bas Delmas soit de nouveau accessible à ceux qui sont prêts à s’y aventurer, on ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer.

Alors que le débat se poursuit sur le retrait des gangs dans les quartiers de bas de Delmas, on y découvre au fil des heures et des jours l’ampleur des dégâts.   Ce n’est que la pointe de l’iceberg. Grâce aux rapports de l’ONU et d'autres institutions nationales et internationales qui documentent les crimes des gangs, nous avions une idée du bilan humain de cette crise qui met le pays à genou. L’ouverture des quartiers du bas de Delmas nous donne une idée des dégâts matériels. S’il sera possible un jour de faire le décompte des destructions des vies et des biens dans tous les quartiers occupés par les gangs, on peut imaginer la facture.