Pour l’industrie de la sous-traitance textile, il est minuit moins tard. La loi Hope/Help expire le 25 septembre 2025. Si elle n’est pas renouvelée par le parlement américain, des compagnies -- faute de nouvelles commandes de donneurs d’ordre comme Target ou Walmart -- pourraient mettre la clé sous la porte, licencier des milliers d’employés et déménager leurs installations et opérations hors d’Haïti. Le pays qui, depuis 2018, entre les épisodes de « peyi lok » et la prédominance des gangs, carbure à l’autosabotage de son économie, filière par filière, pourrait se retrouver assez vite avec, entre-autres, un éléphant blanc, le parc industriel de Caracol, l’investissement phare post 2010 avec 250 millions de dollars de la BID, 100 millions de l’USAID.                                              
L’effort d’explication, de persuasion en faveur du renouvellement de la loi Hope/Help, entamé depuis quatre ans, se poursuit à Washington. L’importante délégation, composée d’officiels haïtiens, d’investisseurs haïtiens, dominicains et sud-coréens, est bien consciente de l’urgence du renouvellement et des conséquences terribles pour Haïti du non renouvellement de ce dispositif au moment d’entamer une série de réunions, du 8 au 11 septembre 2025, avec des parlementaires américains, des assistants parlementaires et des officiels américains, à Washington, pour le renouvellement de ce dispositif jugé « indispensable pour l’économie haïtienne ».

« L’objectif de cette mission est de faire le lobbying en faveur du renouvellement de la loi Hope/Help, un dispositif indispensable pour l’économie Haïtienne. Le secteur textile, jusqu’à date, représente plus de 90% des exportations d’Haïti vers les USA. En 2018, le secteur avait 62 000 emplois. Maintenant nous sommes en dessous de 30 000. Les donneurs d’ordre veulent avoir un signal fort du congrès américain pour qu’ils puissent continuer à placer leurs commandes sur Haïti et de ce fait augmenter le nombre d’emplois », a confié au Nouvelliste le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard.