Delmas est l’une des rares communes — sinon la seule — à bénéficier d’une autonomie administrative et financière. À la tête de la municipalité depuis 18 ans, Wilson Jeudy a mis en place un système de collecte des taxes. Le chemin reste toutefois long. « Moins de 25 % des habitants paient leurs impôts, peste Wilson Jeudy. C’est triste à dire. Nous avons rencontré le maire de Saint-Domingue, qui nous a confié que 99 % des propriétaires de sa commune s’acquittaient de leurs impôts. Ici, les gens refusent de payer. C’est incompréhensible. Nous devons trouver une formule pour contraindre les citoyens à s’acquitter de ce devoir. Ailleurs, c’est une obligation, une responsabilité civique. La DGI, de son côté, n’apporte aucune aide. Même pour l’État central, elle ne contribue pas à la collecte de taxes. Ce n’est certainement pas pour la mairie qu’elle le ferait », fustige le maire.

Selon lui, si de nombreuses rues de Delmas ont été asphaltées, c’est grâce aux maigres taxes collectées : à peine 10 %. « On essaie de faire le maximum avec le peu dont nous disposons », affirme-t-il. Contrairement à d’autres communes, Delmas dispose d’une flotte d’équipements qui lui permet de réaliser elle-même certains travaux. « C’est une question de leadership. Pour diriger, il faut être un leader », insiste M. Jeudy, qui nous reçoit dans le palais municipal qu’il a fait construire après avoir visité la mairie de Saint-Domingue. « Nous ne devons pas toujours exposer nos misères au monde. Nous ne pouvons pas être pauvres, comme on le dit, et sales en plus. Chaque fois que je tombe sur une route en terre battue, délabrée, cela me dérange. Nous travaillons sans relâche pour réhabiliter les routes et connecter les quartiers. »