Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, comme dans certaines villes de province, les personnes déplacées internes se comptent par centaines de milliers à cause de l’insécurité. En juin 2025, l’Organisation internationale de la migration a estimé à près de 1.3 million le nombre de personnes déplacées dans les trois départements en proie à l’insécurité : l’Ouest, l’Artibonite et le Centre. La grande majorité de ces déplacés vit dans des camps. Cette situation a des conséquences directes sur leur santé. Dans ces camps, où les habitants vivent souvent dans des conditions infrahumaines, le risque d’apparition d’épidémies est permanent.
« Vous voyez ces marques sur ma peau ? C’est lorsque je suis venue ici que je les ai eues toutes », explique Célimène (nom d’emprunt, la concernée ayant requis l’anonymat), réfugiée au camp installé dans les anciens locaux du parti politique Konvansyon inite demokratik (KID) à Port-au-Prince. La jeune femme de 29 ans, la peau couverte de lésions et rougie à certains endroits, ne peut s’empêcher de se gratter en nous parlant. Il y a environ deux jours, elle et ses deux enfants ont attrapé une scabiose (appelée communément gale), qu’elle attribue volontiers à la qualité de l’eau qu’elle utilise au quotidien.





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