La musique est un art du moment. La musique comme médium fait écho à la réalité sociale. Tout se fait suivant le prisme dégagé par rapport à la sensibilité des musiciens et des musiciennes aussi bien qu’au regard des politiques culturelles. La conjoncture peut dicter les orientations dans les textes, les genres musicaux et les supports technologiques. Des thématiques sont variées d’une époque à une autre; cela est aussi valable pour les autres aspects évoqués. Citons l’exemple de la musique engagée qui a marqué certains moments saillants de l’histoire nationale, soit durant la période de l’occupation américaine par rapport à la promotion du genre de troubadour. La concurence du Zouk antillais au Compas direct après 1986 a incité à diversifier les tendances du Compas direct regroupées sous le label “Nouvelle Génération”. Aussi dans les années 1980, le Compas direct était-il sensible aux problèmes sociaux et économiques, à l’affirmation de l’identité haïtienne et au passé historique de résistance du peuple haïtien. En effet, la référence au passé historique dans les contenus musicaux semble rencontrer les sensibilités des groupes musicaux en diaspora. Il y a lieu de faire ressortir la mobilisation de la communauté haïtienne de l’extérieur face aux dénigrements racistes à l’encontre des haïtiens, alors associés à la propagation du VIH Sida.
Sous l’effet de la crise des années 1973-1980, le retour aux sources est venu résonner et marquer les expressions culturelles et artistiques dans les recherches d’alternative. Nous nous rappelons la vague de la musique du Reggae dans le monde et, en même temps, le mouvement de la musique Racines a fait son chemin dans les communautés haïtiennes. Ainsi, des textes de la musique du Compas direct portent pour la plupart sur le problème de l’identité nationale, l’exploitation du peuple haïtien et les prouesses de nos héros de l’indépendance. Nous avons chanté aussi la vaillance et la hardiesse de nos ancêtres tant indiens, créoles et africains face aux colons qui ont accaparé nos richesses et exploité notre force de travail par le servage et l’esclavage. Nous ne cessons de dénoncer ces méfaits tout en notant nos luttes et résistances.
“Liberté, titre sorti en (1979) par le DP Express fait référence à des figures dans la mythologie haïtienne comme la déesse Damballah, la salvatrice dans le passage ( Damballah vin sove m). Les conditions difficiles de la traversée ont été relatées (yo fè nou travay di san yo pa konnen sa k tap tann nou). Les esclaves ont révolté et nous ont permis de reconquérir notre liberté. Ce qui est exprimé dans la séquence ci-après ( Esklav yo vin pa revolte, yo te trete nou kou bèt sovaj, libète yo tap chache e fin pa twouve l. Yo kap viv san zenkyetid ). Esklav te oblije chache libète pou nou menm pitit bondye kapab viv alèz (refrain), Dambalah a été évoqué dans le (refrain) (san ou m pa tap jwenn lavi). Les musiciens ont fait l’éloge de l’Afrique comme notre mère.





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