Le 1er octobre 2025, une nouvelle année fiscale a commencé et a retrouvé Haïti encore une fois dans une condition bien plus difficile qu’il y a douze mois.
En octobre 2025, avec un nouveau directeur général de la Police nationale d’Haïti, un état-major de la PNH renouvelé, des Forces armées d’Haïti mieux intégrées, une nouvelle Force de répression des gangs en remplacement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité et une compagnie privée de sécurité sous contrat- des mercenaires, comme on dit -- et un support affiché des États-Unis d’Amérique, la situation sécuritaire n’a pas vraiment évolué comparée à octobre 2024.
Le principal actif de la République, la centrale hydroélectrique de Péligre, est toujours à l’arrêt, de nouvelles villes dans l’Artibonite tombent entre les mains des groupes criminels, Mirebalais comme Kenscoff ne sont toujours pas repris par les autorités et de nouvelles localités, à Port-au-Prince comme en province, sont menacées. Pire, de nouveaux points frontaliers échappent totalement au contrôle de l’État haïtien mais laissent passer tout et n’importe quoi.
Les octobre passent, les problèmes demeurent.
Après quelques hésitations, sous les boulets et la mitraille, au Champ de Mars, lors du premier Conseil des ministres organisé au Palais national depuis dix-huit mois, le budget pour l’exercice 2025-2026 a été adopté. Les milliards de ce nouveau paquet de projets vont-t-il changer quelque chose à la situation que le pays connaît depuis près de 10 ans ? Il est permis d’en douter.
Depuis 2015, l’économie haïtienne glisse doucement et interminablement dans la décroissance. Cela a commencé par un ralentissement de de la croissance positive des années d’après 2010, sans que jamais on observe de reprise en sept ans. Tout au contraire.
Avec un pays pauvre qui n’a pas accès au marché des prêts internationaux, qui perd ses emplois formels par milliers, qui s’interdit de faire du déficit budgétaire, qui est incapable de dépenser les fonds disponibles dans la partie investissement de son budget et qui est dirigé par un Conseil présidentiel de transition qui inspire de moins en moins confiance, faut-il espérer un miracle ? Non, si on est rationnel.
Les octobre passent, l’économie nationale s’étiole de plus en plus.
Reste la politique. Depuis 2016, aucune élection n’a été organisée dans le pays. Tout indique que 2025 va s’achever vierge de toute compétition électorale. Chacun va continuer à faire comme si, à dépenser des millions et à alimenter méfiance et scepticisme des Haïtiens quant à la possibilité et à la volonté de voir un jour des élections sur l’agenda national.
Ce qui se meurt en Haïti ce n’est pas seulement le savoir-faire électoral mais bien l’envie de tenir des élections. Les électeurs sont témoins de la catastrophe construite par les politiciens de tous bords et se rendent compte que la tour de Babel n’était rien à côté de ce que gouvernements et oppositions leur proposent. Entre la corruption érigée en indépassable modèle et l’inefficacité célébrée comme une réussite, on enlève aux Haïtiens l’essence de la politique.
Les mois d’octobre se suivent et l’avenir s’annonce écrit par d’autres dans les prochains mois.
Une nouvelle année fiscale commence sur les mêmes incertitudes qu’il y a un an, deux ans, cinq ans. La sécurité, l’économie, la politique et tous leurs corollaires n’émettent pas de signaux prometteurs.




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