À quelques mois de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, à moins d'un miracle, on peut déjà répondre qu’il ne laissera pas un bilan remarquable à la postérité.
L’avenir n’étant pas écrit d’avance, on peut encore espérer une amélioration sur le plan sécuritaire, quelques progrès législatifs qui faciliteraient le fonctionnement de l’administration et la vie des administrés, à défaut d’une nouvelle constitution, ou simplement des élections réalisées sans scandale ni contestation.
Avec un minimum de réalisations, le Conseil présidentiel de transition pourrait s’épargner un bilan totalement négatif au bout de 24 mois de gouvernance apathique.
Nous en sommes loin...
Depuis son installation à la tête du pays, il est difficile de trouver un accomplissement du CPT. Pas même un vrai chantier ouvert et couronné d’une inauguration. Peu importe l’aspect concernant les infrastructures, il n’y a pas grand-chose. Il est aussi difficile de nettoyer les principales villes, de boucher les nids de poule de nos routes que de faire fonctionner à satisfaction l’aéroport du Cap-Haïtien, pour ne citer que ces exemples.
La circulation des gens et des marchandises est peu sûre et le cabotage est onéreux et déréglé. La centrale hydroélectrique de Péligre demeure hors d’atteinte depuis des mois et l’électricité une denrée de plus en plus rare sous l’administration du CPT.
Ariel Henry, membre éminent de nos exécutifs inutiles, avait su prendre un minimum de mesures : cesser la subvention des produits pétroliers, arrêter la subvention de la production d’électricité et mettre de l’ordre dans les perceptions en douanes. Quelles sont les mesures réglementaires qui resteront après le passage du Conseil présidentiel de transition ? Jusqu’ici aucune.
Aujourd’hui, si un pont ou un commissariat de police est inauguré, la paternité revient à l’une des instances de la communauté internationale. Il y a de temps à autre une école publique nouvelle qui sort de terre, mais la grève quasi permanente des enseignants mal payés par l’État annihile les efforts pour relancer l’éducation.
Dans le domaine de la santé, l’administration CPT ne fait que financer des activités fantômes. Au lieu de soutenir les hôpitaux encore ouverts, nos chefs préfèrent délocaliser des adresses dysfonctionnelles et faire des promesses intenables.
Ah, heureusement qu’il reste les journées mondiales et les célébrations en tout genre. L’exécutif est alors présent. Discours et photos se disputent la prépondérance dans l’agenda des bilans sans relief de nos chers chefs.
Quel sera le legs, l’héritage, le bilan, le « la dernière qui restera » du Conseil présidentiel de transition ?
Les conseillers devraient enfin commencer à y penser dans un pays où les principaux derniers dirigeants ont collectionné les palmarès peu reluisants après leur mauvaise conduite et manquements à leurs responsabilités.




Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.