Dimanche soir. J’ouvre la porte de mon appartement sur la rue Saint-Marc. Un besoin fou de lire quelque chose, irrésistible. J’ai été invité au Salon du livre afro-canadien. Mon sac et ma tête sont lourds. Il y a plus de livres à porter, plus de rêves à penser et plus de tendresse à donner. Lire, c’est aussi faire provision de tendresse. Tant d'histoires à raconter, tant de chemins à tracer, de vérités à écrire. 

J’ai toujours considéré ceux qui écrivent comme faisant partie de ma famille. Et quand je rencontre un écrivain, un créateur, il m’arrive d’être curieux, de vouloir voir sa main. La main, cette petite forge où naissent les mots. Écrire, c'est rassembler ce que le monde disperse. Ces écrivains que j’ai rencontrés au Salon du livre afro-canadien à Ottawa me rappellent, par la force de leurs idées, qu’il existe encore une flamme entre les êtres. Nous devons entretenir cette flamme, la nourrir, et c’est ce que fait le salon du livre afro-canadien depuis plusieurs années. Il montre que la littérature est ce qui sauve encore quelque chose de nous.