Le 11 novembre 2024, suite à des tirs contre des avions en approche pour atterrir à l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, toutes les liaisons aériennes internationales commerciales ont été suspendues de et vers cet aéroport. 

Et rien n’indique qu’une reprise des opérations ordinaires est pour demain. 

Si vous vous en inquiétez auprès des autorités haïtiennes, leur réponse fuse comme un élément de langage intégré à force de consignes et d’habitudes : l’aéroport n’est pas fermé. Il opère régulièrement des vols. 

C’est vrai. 

Il y a souvent des vols. Ce qui manque ce sont les vols réguliers transportant des passagers. 

Oui, il y a des vols charters ou des avions militaires qui continuent d’utiliser les infrastructures de l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, mais ce n’est pas un fonctionnement normal pour un aéroport qui accueillait plus d’un million de passagers par an les bonnes années. 

Personne ne peut acheter un billet pour partir dans ces vols charters ou militaires. Ils sont réservés à des « happy few ». 

Mais là encore, les autorités vous répondront qu’il y a des vols tous les jours qui quittent Port-au-Prince. 

Effectivement, par avion ou par hélicoptère, il y a des compagnies aériennes commerciales qui offrent des services pour les villes de province. Nous sommes loin de ce qu’on attend d’un aéroport international. Et très loin des tarifs qui étaient pratiqués avant la fermeture des vols commerciaux réguliers. 

L’aérodrome Guy Malary fonctionne sans interruption. Mais il n’a pas vocation à remplacer l’aéroport Toussaint Louverture, même s’il se trouve à Port-au-Prince et utilise la même piste que l’aéroport international. 

Cette distinction est un grand mystère depuis douze mois. La même piste reçoit des avions, certains en provenance de l’étranger, mais pas pour les passagers normaux. 

Le client normal doit se rendre au Cap-Haïtien, et depuis aujourd’hui aux Cayes, s’il veut quitter le pays par avion. 

En douze mois, les autorités haïtiennes n’ont réussi ni à sécuriser l’aéroport Toussaint Louverture pour permettre le retour du trafic aérien international régulier ni à résoudre les problèmes diplomatiques avec la République dominicaine pour offrir plus d’options aux voyageurs. 

Un an après la fermeture de fait de l’aéroport aux vols commerciaux, la reprise des opérations normales n’est même plus à l’ordre du jour. Les usagers, qui ont appris à s’habituer à tout et à s’attendre au pire, ne s’en plaignent même plus. 

Circuler en Haïti, par voie terrestre, maritime ou aérienne depuis Port-au-Prince est un calvaire et cela n’inquiète ni n’interpelle les plus hautes autorités du pays. Un an après les attaques contre les avions et la fermeture de Toussaint Louverture, l’État haïtien assume l’abandon de son obligation d'assurer la libre circulation des personnes et des biens.