Au moment même où Port-au-Prince tremble sous les drones kamikazes et où les familles cherchent refuge loin des balles, Haïti s’apprête malgré tout à célébrer Vertières. En ce 18 novembre, fête nationale, une question brûle : nos héros ont-ils offert leur vie pour que leurs descendants fuient leur propre terre en 2025 ? Le professeur Pierre Josué Agénor Cadet, en ravivant l’épopée de Vertières, rappelle la force indestructible de ce peuple qui, jadis, brisa l’une des armées les plus redoutées du monde. À l’heure où l’insécurité tente d’étouffer l’espoir, revisiter Vertières, c’est raviver la braise de notre orgueil, se souvenir de ce que nous avons déjà vaincu — et de ce que nous pouvons encore relever. Bonne fête nationale à celles et ceux qui tiennent, qui résistent, qui espèrent.

La campagne militaire que Napoléon Bonaparte lança en 1802 pour rétablir l’esclavage à Saint-Domingue et dans l’ensemble des colonies françaises demeure l’un des épisodes les plus décisifs et les plus dramatiques de l’histoire atlantique. L’expédition Leclerc , vaste coalition européenne envoyée pour renverser l’ordre social et politique mis en place par Toussaint Louverture, se solda par une débâcle retentissante face à la détermination de l’armée indigène. La bataille de Vertières, le 18 novembre 1803, en fut l’apogée et consacra la première et plus grande défaite militaire de Napoléon.