Le bras de fer initié par des membres du Conseil présidentiel de transition pour remplacer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et prendre le contrôle des forces de sécurité a pris une nouvelle tournure dans la soirée du lundi 24 novembre 2025.
Dans un communiqué, le Département d’État américain a annoncé avoir pris « des mesures pour imposer des restrictions de visa à un responsable du gouvernement haïtien pour avoir soutenu des gangs et d’autres organisations criminelles et pour avoir entravé la lutte du gouvernement haïtien contre les gangs terroristes désignés comme organisations terroristes étrangères. »
Aucun nom n’est cité dans le communiqué, mais, depuis la semaine dernière, des avertissements clairs avaient été adressés aux responsables du CPT quand avaient commencé à circuler les rumeurs de renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé par ceux qui l’avaient nommé et auxquels, selon toute vraisemblance, il succédera le 7 février 2026.
Le fait que personne ne soit nommément cité dans le communiqué laisse planer le doute sur tous les acteurs engagés dans la tentative de prise du pouvoir, font remarquer des observateurs.
Ce lundi, une nouvelle fois, des avertissements sans équivoque sont parvenus aux Cépétiens qui cherchaient encore à réunir une majorité pour faire main basse sur tous les leviers de pouvoir. Des réunions se sont tenues pendant toute la journée et les échanges téléphoniques ont été intenses entre politiques et diplomates.
Ce que les principales ambassades impliquées dans la recherche de solutions à la crise haïtienne reprochent aux Cépétiens, c’est de n’avoir qu’un seul grief contre le Premier ministre : il ne leur garantit pas impunité et privilèges après le 7 février 2026.
La note du Département d’État avise que « les États-Unis restent déterminés à soutenir la stabilité d'Haïti et attendent des progrès tangibles vers des élections libres et équitables. Le peuple haïtien n'en peut plus de la violence des gangs, des destructions et des luttes politiques intestines. L'administration Trump veillera à ce que ceux qui continuent de déstabiliser Haïti et notre région rendent des comptes. »
Il y a une semaine, le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau avait averti dans un post sur X : « Les gangs criminels terrorisent depuis des années, mais la situation s'est aggravée la semaine dernière, avec des appels à la guerre ouverte contre le gouvernement central. Les États-Unis et d'autres pays de la région et du monde entier ont un message clair : il est temps que la violence et la destruction perpétrées par les gangs, ainsi que les luttes intestines politiques, cessent. Le moment est venu pour les dirigeants haïtiens de s'unir face à cette menace commune, et quiconque entrave la stabilité politique d'Haïti doit s'attendre à des sanctions de la part des États-Unis et d'autres pays, y compris le retrait de visas. »
Le message était : il faut que cessent les luttes intestines. Les acteurs politiques haïtiens ont dû mal l’interpréter et cela a même dû fouetter leur nationalisme.
Les membres du CPT ont simplement oublié que, comme pour le Premier ministre, l’autorité de nomination est aussi l’autorité de révocation. Ariel Henry s’en souvient encore…




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