Après la « Soupe Joumou », la « Cassave » et le « Compas d’Haïti », le ministère de la Culture et de la Communication travaille avec la Délégation permanente d’Haïti auprès de l’Unesco à l’inscription du « Tracé Vèvè » sur la Liste du Patrimoine Culturel de l’Humanité ”. C’est avec ces mots que Frantz Délice, Spécialiste Communication & Culture, au ministère de la Culture a annoncé, mardi 16 décembre 2025, le projet de placer un nouveau pan de notre patrimoine en orbite mondial.

Le cadre du ministère de la Culture a travaillé ces dernières années sur les dossiers qui ont abouti à des reconnaissances mondiales pour la « Soupe Joumou », la « Cassave » et le « Compas d’Haïti ».

Le « tracé vèvè » est l’art subtil de réaliser des dessins pour représenter les loas et invoquer leur présence lors de rituels vodous. Les initiés les réalisent avant les cérémonies et chaque loa est identifié par son vèvè propre qui indique son domaine et renseigne sur sa personnalité. En Une de cette édition, Le Nouvelliste publie deux textes de l’Aty Carole Démesmin, grande personnalité du vodou sur le sujet. Les textes ont été publiés sur sa page Facebook.

Longtemps associés au vodou seulement, les vèvè, après les peintures et sculptures, ont été intégrés ces dernières années dans des articles de mode et se partagent dans un syncrétisme religieux-artistique qui a conquis au-delà des adeptes du vodou. Les vèvè sont devenus grâce à des designers, notamment Felicia Dell et Pascale Théard, un signe distinctif d’une esthétique haïtienne et riment très bien avec beauté.

La dernière grande victoire de nos vèvè a été de prendre place sur le maillot officiel de la sélection nationale de football qui s’est qualifiée pour la prochaine Coupe du monde FIFA. Vèvè et victoire riment si bien.

Après le « tracé vèvè », espérons que le savoir-faire des artisans de Noailles dans le travail du fer découpé et le pikliz, ce supplément mi-salade, mi-condiment de tout bon repas haïtien, seront un jour au patrimoine culturel mondial. La terre entière mérite de partager avec Haïti ces réussites extraordinaires.

Autre bonne nouvelle de la semaine, Cécé, la traduction anglaise de l’ouvrage « Les Villages de Dieu » de la romancière Emmelie Prophète a été retenue sur la liste des meilleurs livres de 2025 parus aux Etats-Unis par le Wall Street Journal et le Los Angeles Times, deux journaux influents des côtes est et ouest aux USA.

Après de très bonnes critiques dans la presse anglophone, ce roman paru initialement en 2021 en français connaît une seconde jeunesse et ouvre de nouvelles perspectives à la littérature haïtienne souvent cantonnée au monde francophone.

Cécé, histoire de nos bidonvilles, de la violence et des réseaux sociaux à l’haïtienne, donne à lire un texte d’une grande modernité collé à l’actualité. Dany Laferrière a été le premier à consacrer le livre d’Emmelie Prophète. L’académicien avait vu juste.

En ces jours d’espoir en jachère, les vèvè et Cécé rejoignent la liste de ces informations qui nous font attendre les jours meilleurs sans désespérer.