L’année s’achève. Les jours de sang, les jours de douleur n’iront pas valser à minuit, le 31 décembre. Avec l’espérance en bandoulière, il faudra affronter l’avenir, trouver les moyens de transformer les chagrins en joie, l’impossible en faisable, l’inaccessible en atteignable. Pour nous, pour nos enfants, et au nom du droit à la vie, il faut monter au front, consolider les positions de ceux qui y sont déjà. Le combat contre la mort et la souffrance sera celui des consciences éveillées, de gens réveillés, déterminés à forger l’avenir. Avec rage, avec génie, compte tenu de l’immensité et de la complexité de la tâche. Les dépeceurs de cadavres, les langues fourchues et prestidigitateurs de tout poil ne prendront pas leur retraite. Ils ont été et seront toujours sur l’échiquier. Avec eux, le banquet au cimetière a trouvé une glauque normalité. Il ne faut pas se faire d’illusions.

2026 sera difficile, pénible. Mais chaque jour de l’année à venir testera les convictions, offrira des opportunités. Celle d’être dans l’effort du sauvetage national, dans l’effort du mieux dans ses rapports à l’autre, dans la bonté, dans la beauté. Celui qui se morfondra dans la position de spectateur de la tragédie nationale, de leur propre tragédie, sera face à ses responsabilités, à l’inquisition de sa conscience. Le regret de n’avoir pas essayé est souvent plus lourd à porter.