L’année 2025 n’a pas seulement été une année perdue pour Haïti. Elle a été une année confisquée , dilapidée et sacrifiée par une classe de transition incapable , désunie et indifférente a la souffrance collective. 2025 est L’année la plus coûteuse pour le peuple haitien, politiquement stérile et socialement destructrice. Derrière le discours officiel de transition et de stabilisation, le pays s’est enfoncé davantage dans une crise multidimensionnelle, pendant qu’un appareil politique provisoire le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) consommait des ressources publiques rares sans produire de résultats mesurables.
Sur le plan politique : une transition sans vision
Politiquement, 2025 est marquée par l’absence de leadership, de cohésion et de vision stratégique. Le CPT, issu de l’Accord de Kingston, devait créer les conditions de la sécurité et des élections. Il a surtout révélé les limites d’un pouvoir sans légitimité populaire, miné par des luttes internes, une mauvaise répartition des responsabilités et une cohabitation conflictuelle avec le chef du gouvernement.
La transition est devenue un espace de négociation de privilèges plutôt qu’un outil de refondation nationale.
Mandat et échec du CPT
Le mandat du CPT était clair :
1. rétablir la sécurité,
2. organiser des élections crédibles.
En 2025, le constat est sans appel : ni sécurité, ni élections. Aucun calendrier électoral crédible n’a été respecté, et l’insécurité s’est aggravée. Le CPT n’a pas échoué par manque de temps, mais par manque de vision, de cohésion et de volonté politique.
Sur le plan économique : une chute libre
Sur le plan économique, Haïti entre en 2025 dans sa septième année consécutive de récession. Les chiffres sont accablants :
1. le PIB réel a reculé de plus de 20 % cumulés depuis 2019,
2. l’inflation dépasse régulièrement les 40 %,
3. la gourde a perdu l’essentiel de sa valeur face au dollar,
4. plus de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Aucune politique de relance sérieuse n’a été engagée. Pas de plan économique national, pas de budget orienté vers la production, pas de stratégie pour l’emploi. L’État gère la pénurie ; il ne gouverne plus.
Le coût réel du CPT : un luxe indécent
Alors que l’État peine à payer enseignants, infirmières, policiers et fonctionnaires essentiels, le CPT absorbe des centaines de millions de gourdes par an en :
1. rémunérations,
2. avantages et privilèges,
3. sécurité,
4. logistique,
5. résidences,
6. déplacements,
7. cabinets politiques.
Ces dépenses s’effectuent sans transparence suffisante, dans un pays où les services publics s’effondrent. Haïti finance une transition politique pendant qu’il abandonne l’essentiel.
Sur le plan sécuritaire : la défaite de l’État
L’insécurité constitue l’échec le plus grave de 2025. Des groupes armés contrôlent une part significative de la zone métropolitaine et de plusieurs axes stratégiques. Les routes nationales sont impraticables, l’économie paralysée, et la population livrée à elle-même.
L’insécurité n’est plus un problème conjoncturel : elle est devenue un mode de gouvernance par défaut, résultat de l’inaction et de l’absence de stratégie claire.
Les déplacés internes : une crise humanitaire permanente
Des centaines de milliers de déplacés internes vivent dans des camps informels, sans protection adéquate, sans accès suffisant à l’eau, à la santé et à l’éducation. Jamais la crise humanitaire n’a été aussi profonde, et jamais elle n’a été aussi marginalisée dans l’agenda politique national.
Les déplacés externes : une bombe sociale
À la crise interne s’ajoute une pression externe massive :
1. plus de 245 000 Haïtiens expulsés de la République dominicaine,
2. absence totale de politique d’accueil ou de réintégration.
À cela s’ajoute une menace imminente :
3 février 2026 : fin du TPS pour les ( environ 500,000 ) Haïtiens aux États-Unis,
fin du programme ( Biden ) Humanitarian Parole. ( environ 300,000 )
Pres d'un million de personnes risquent un retour forcé vers un pays incapable de les absorber.Sur le plan social : une société abandonnée*l
La société haïtienne traverse une crise morale et sociale profonde. La violence se banalise, l’exode devient un projet de vie, et la confiance dans les institutions s’effondre. 2025 n’a pas été une année de solidarité nationale, mais une année de « chacun pour soi », où les élites se protègent pendant que la majorité survit.
2026 : soit la rupture, soit l’effondrement
À l’approche de l’échéance du 7 février 2026, une question centrale se pose :
Haïti peut-elle se permettre une nouvelle prolongation de l’échec ?
L’année 2026 devra impérativement marquer :
la fin de l’improvisation politique,
une transition recentrée sur l’intérêt national,
un calendrier électoral crédible,
une gouvernance responsable et transparente,
une réponse ferme et structurée à l’insécurité.
2025 restera comme le symbole d’un échec politique majeur. Elle a coûté cher à Haïti : en argent public, en vies humaines, en crédibilité institutionnelle et en espoir collectif. Le CPT devait être une solution temporaire ; il est devenu le symbole d’une transition inefficace et déconnectée.
Un pays ne se gouverne pas par accords de circonstance ni par gestion permanente de crise. Sans rupture politique réelle, Haïti ne sacrifie plus seulement des années il sacrifie son avenir.
Patrick Alexis
Citoyen Engagé
Alexispat@gmail.com
30 Décembre 2025
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