Lorsque les premiers contingents de la Force de répression des gangs (FRG), incarnation opérationnelle de la Mission multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS), se déploieront en 2026, ils ne feront pas face à une simple insurrection de bandits en guenilles. Ils affronteront une « holding » criminelle diversifiée, résiliente et parfaitement intégrée. Si nous persistons à traiter « Viv Ansanm » comme une simple anomalie sécuritaire effaçable à coups de blindés, nous sommes condamnés à répéter l'échec de la MINUSTAH : une pacification de surface qui s'effondre inévitablement dès le retrait des troupes étrangères.
La réalité, froide et clinique, est que cette coalition est devenue une entité économique rationnelle. Désignée organisation terroriste étrangère par le Département d'État américain, elle opère selon des logiques de marché, optimise ses chaînes de valeur et gère des flux de trésorerie qui, selon nos estimations croisées, oscillent entre 150 et 200 millions de dollars annuels. Ce chiffre, colossal dans une économie anémique, leur permet d'acheter des loyautés, de corrompre, d'importer des armes de guerre et de suppléer l'État dans la fourniture de services sociaux précaires. On ne combat pas une firme multinationale uniquement avec des fusils d'assaut. On la combat en asséchant sa trésorerie, en rompant ses chaînes d'approvisionnement et en protégeant les nouveaux centres nerveux de l'économie réelle qui ont migré pour survivre.




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