L’intensification des violences armées et les déplacements forcés massifs de populations ont exposé des milliers de femmes et de filles à des risques accrus de violences sexuelles, d’exploitation et d’abus. Dans ce contexte critique, l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) a déployé un programme d’urgence de prise en charge des Violences Basées sur le Genre (VBG), avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux.
Selon le rapport de bilan 2025 publié par l’ODELPA, 283 survivantes de VBG, majoritairement victimes de violences sexuelles, ont été identifiées, documentées et accompagnées sur la période. La plupart d’entre elles sont des personnes déplacées internes vivant dans des sites informels, sans accès adéquat à la protection, aux soins de santé ou à des moyens de subsistance durables.
Le programme mis en œuvre repose sur une approche multisectorielle centrée sur les survivantes, combinant soutien psychosocial, assistance médicale, aide matérielle, prévention communautaire et autonomisation économique. Des premiers secours psychologiques ont été fournis dès l’identification des cas, tandis que 130 survivantes ont bénéficié de groupes de soutien, un dispositif reconnu pour réduire la détresse émotionnelle et rompre l’isolement.
Sur le plan sanitaire, 120 femmes vulnérables et survivantes de violences sexuelles ont eu accès à des services médicaux à travers des cliniques mobiles organisées à l’occasion d’activités communautaires, telles que la Fête des mères ou Octobre rose. Les services offerts comprenaient des consultations médicales, la distribution gratuite de médicaments, le dépistage du cancer du sein, des tests PAP et l’orientation vers des structures spécialisées.
L’ODELPA a également répondu aux besoins immédiats en distribuant 486 kits d’hygiène à des survivantes et à des femmes vivant dans des camps de déplacés ou des quartiers défavorisés, contribuant ainsi à réduire leur vulnérabilité immédiate dans un environnement marqué par l’extrême précarité.
Au-delà de l’urgence, le programme a intégré une dimension de résilience économique. 204 jeunes, dont des survivantes de VBG et des déplacées internes, ont été formées aux Activités Génératrices de Revenus (AGR), et 56 d’entre elles ont reçu un appui financier de démarrage pour lancer une activité économique, afin de réduire les risques de dépendance et de revictimisation.
Les données collectées dressent toutefois un tableau préoccupant. Plus de 75 % des cas documentés concernent des viols collectifs, principalement perpétrés par des hommes armés affiliés à des groupes criminels. Dans de nombreux cas, des enfants ont été témoins du viol de leur mère, aggravant les traumatismes psychosociaux. Le rapport souligne également que 78% des survivantes ont accédé aux soins au-delà de 72 heures, compromettant la prévention du VIH et des grossesses non désirées.
Malgré des résultats significatifs, l’ODELPA fait face à d’importants défis : manque de structures d’hébergement sécurisé, accès limité aux soins spécialisés, ressources financières insuffisantes et besoins croissants en prise en charge psychosociale des enfants témoins.
Pour l’organisation, ce bilan confirme à la fois l’efficacité de l’approche intégrée et l’ampleur des besoins non couverts. « La poursuite et l’extension de ces interventions sont indispensables pour prévenir la revictimisation, protéger les femmes et les filles et renforcer durablement leur résilience », souligne le rapport.
Avec le soutien du HCR, de l’ONUSIDA, de l’OCSEVIH, de la FOSREF et des organisations de la société civile, l’ODELPA entend poursuivre son engagement dans un contexte humanitaire toujours plus contraignant, où la protection des femmes et des filles demeure un enjeu vital pour l’avenir du pays.
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