Avec Kuessipan, Naomi Fontaine signe un premier roman d’une force rare, porté par une écriture sobre et lumineuse. En donnant voix à une mémoire longtemps tenue en marge, l’autrice innue propose un récit à la fois intime et politique, où la littérature devient un acte de présence, de transmission et de résistance.
Le titre du roman s’affirme d’entrée de jeu comme un cri d’énonciation autant que comme un pas symbolique. Kuessipan, en langue innue, signifie : « C’est à mon tour de raconter mon histoire ». Il ne désigne pas seulement un acte narratif individuel, mais redistribue les places de la parole, rompant avec une longue tradition de récits produits non sur les marges, mais depuis les marges.






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