Plus de la moitié des Haïtiens ne mangent pas à leur faim. On connaît les conséquences visibles de cette catastrophe : la malnutrition, les maladies, la mort. Mais il en existe une autre, invisible, que la science commence à documenter : la faim chronique modifie la chimie du cerveau. Elle altère la capacité des individus à planifier, à épargner, à investir, à choisir le long terme plutôt que la survie immédiate. Or, c’est précisément cette capacité qui fonde le développement économique. Cet article explore une hypothèse dérangeante : et si la dépendance alimentaire d’Haïti ne détruisait pas seulement des vies, mais aussi le mécanisme même par lequel le pays pourrait se reconstruire ?

Pourquoi Haïti n’investit-elle pas dans son propre avenir ?