Le directeur du Centre d'Art, Allenby Augustin, était l'invité de la troisième sortie de Café Philo Haïti-Sud le mardi 24 février 2026 au Plaza Kreyol, dans la ville des Cayes. Devant un public nombreux venu débattre de l'économie culturelle dans le pays, le spécialiste en gestion des organisations culturelles a livré une analyse aussi lucide que méthodique sur ce qu'il n'a pas hésité à nommer "le paradoxe haïtien".
"Nous sommes culturellement un géant, mais économiquement, nous peinons à faire de cette richesse un moteur de création d'emplois durables", a estimé, d'entrée de jeu, Allenby Augustin. Selon lui, "Haïti dispose d'un capital culturel exceptionnel, reconnu bien au-delà de ses frontières, mais ce capital ne parvient pas à soutenir l'économie du pays".
Le directeur du Centre d'Art s'est appuyé sur plusieurs exemples pour étayer son propos. "La peinture haïtienne, depuis la création du Centre d'Art en 1944, n'a cessé d'alimenter les collections internationales. L'école du Saint-Soleil, les ateliers de Grand'Rue, les artistes de l'École des Beaux-Arts continuent de porter l'esthétique haïtienne sur les cimaises de New York, Paris ou Tokyo. La musique, du compas au racine en passant par le rara, fait danser la Caraïbe et sa diaspora. La littérature, de Jacques Roumain à Dany Laferrière, explore l'universel depuis l'intimité de l'île. Le soup joumou est inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO." Autant d'exemples qui, selon lui, illustrent le problème.




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