Cher ami, me voilà chez toi, dans ta baie, dans ton port.
Ces derniers temps, on ne vient pas te voir par hasard. Avant de débarquer, il faut vouloir connaitre l’envers du décor, loin du tapage ambiant. J’ai d’abord pris une carte et me suis attaché au bleu et au vert qui dessinent tes reliefs. J’ai deviné la végétation luxuriante qui épouse tes côtes et remonte tes dénivelés. J’ai plongé dans ton abondante littérature pour dessiner les visages qui te peuplent. Puis, j’ai abordé l’Histoire, celle qui nous travaille, toi et moi. J’y vois une succession d’anomalies devenue consubstantielle à ton identité. De l’horreur de la traite à l’intelligence de ce jeune affranchi devenu général de l’armée napoléonienne ; jusqu’à la lutte à mort contre l’asservissement, pour l’indépendance, comme ultime expression du projet universaliste de tes pères fondateurs.






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