Entre grève illimitée, en manque de moyen chronique et traînant d’autres problèmes structurels, la justice haïtienne peine à se tenir debout. Dans la zone métropolitaine et ses environs, l’insécurité a enfoncé une justice qui était déjà bancale. Dans ce numéro, l’article titré « Plus de huit ans sans aucun procès criminel avec assistance de jury à Port-au-Prince », sous la plume de Michel Césaire, il y a un portrait de la justice dans les communes de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets.

Depuis plus de huit ans, souligne l’article, les juridictions de Port-au-Prince et de Croix-des-Bouquets sont à l’arrêt en matière d’assises criminelles avec assistance de jury. A côté de tous les maux dont souffrent ces deux juridictions, on peut rappeler que les sièges des deux sont délocalisés à Delmas pour celui de Port-au-Prince et à Tabarre pour celui de la Croix-des-Bouquets. On connaît les raisons. La situation ne devrait pas être différente pour les tribunaux de toutes les autres communes à travers le pays prises d’assaut par les gangs. Pas étonnant que la justice ne se porte pas mieux dans les juridictions toujours sous le contrôle de l’Etat. Un coup d’œil dans le bilan du pouvoir judiciaire pour les dernières années peut nous donner une idée.