Certaines comparaisons dérangent. Elles bousculent les récits établis, heurtent les sensibilités nationales et obligent à regarder en face des réalités que l’on préfère souvent contourner. Pourtant, elles sont parfois nécessaires pour comprendre pourquoi certains États, confrontés à des contraintes extrêmes, parviennent à se redresser, tandis que d’autres s’enlisent dans une stagnation durable.

Mettre en regard Haïti, l’Éthiopie et la Somalie relève précisément de cet exercice. À première vue, la comparaison peut sembler contre-intuitive. Dans l’imaginaire collectif, ces deux pays africains restent associés à la guerre, à la famine ou à l’effondrement institutionnel. Pourtant, leurs trajectoires récentes racontent une autre histoire : celle d’États qui, malgré des fragilités persistantes, ont engagé des dynamiques de transformation économique et stratégique.