La 2e édition de la formation pédagogique organisée par le Bureau diocésain d’Éducation (BDE) s’est achevée, le samedi 2 mai 2026, à Thomassin, dans la salle paroissiale de Saint Vincent de Paul. Pendant deux jours, du 1er au 2 mai, enseignants et acteurs du secteur éducatif se sont réunis autour d’un enjeu central : adapter les pratiques pédagogiques aux réalités d’un pays en crise.
Organisée autour du thème « Éduquer pour résister : formation pédagogique en milieu de crise – comprendre et adapter les pédagogies », l’initiative visait à outiller les professionnels de l’éducation face aux multiples défis qui fragilisent le système scolaire haïtien. Crises sécuritaires, instabilité sociale, manque de ressources : autant de contraintes qui imposent une redéfinition des méthodes d’enseignement.
Selon Carlenry Jean Louis, coordonnateur pédagogique du BDE-Port-au-Prince, le bilan de cette deuxième édition est « globalement positif ». Il souligne une organisation maîtrisée et une forte implication des participants. « Les enseignants ont pris part activement aux ateliers, posé des questions pertinentes et partagé leurs expériences », indique-t-il, mettant en évidence un besoin réel de formation continue.
Au cœur des échanges, plusieurs problématiques ont émergé : le manque de matériel pédagogique, l’insécurité, le décrochage scolaire et la pression psychologique subie par les enseignants. Face à ces défis, des outils concrets ont été proposés, notamment les méthodes actives, les stratégies de gestion de classe en contexte fragile et les approches de résilience éducative. L’objectif : transformer l’école en un espace de stabilité, capable de soutenir élèves et enseignants dans un environnement incertain.
La formation a principalement ciblé les enseignants du préscolaire et des deux premiers cycles fondamentaux, considérés comme des acteurs clés dans la transmission des savoirs de base. Toutefois, les besoins varient selon les réalités locales. Les écoles presbytérales, par exemple, réclament davantage de ressources matérielles, tandis que les écoles congréganistes insistent sur la gestion de la violence et des crises sociales.
Pour le BdE, l’enjeu dépasse la formation ponctuelle. Un dispositif de suivi est envisagé, incluant des visites de terrain, des ateliers de consolidation et un accompagnement par des superviseurs. Mais des obstacles persistent : insuffisance de moyens financiers, infrastructures précaires et absence de politiques éducatives cohérentes.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la résilience du système éducatif. Le BDE prévoit d’élargir la formation à d’autres établissements, après avoir déjà impliqué 19 écoles lors de cette édition. À noter également la présence du directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale, Déméro Vignonet, venu représenter le titulaire du ministère, signe d’un intérêt institutionnel pour ce type d’initiative.






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