En janvier 2025, Deezer recevait déjà 10 000 morceaux fabriqués par intelligence artificielle chaque jour. En avril 2026, on en est à 75 000 — soit 44 % de tout ce qui est mis en ligne quotidiennement sur la plateforme. En quinze mois à peine, le volume a été multiplié par sept. Les outils qui nourrissent cette avalanche — Suno, Udio, ou encore Lyria 3 de Google — sont à la portée de n’importe qui, toujours moins chers, toujours plus convaincants. Et rien n’indique que la courbe va descendre.

Spotify et Deezer dominent le streaming musical mondial, avec plus de 500 millions d’abonnés payants à eux deux. Le principe est simple : pour quelques dollars par mois, on accède à des millions de titres à la demande. Les royalties générées par ces écoutes sont ensuite reversées aux artistes, au prorata de leur part dans le total des streams. C’est précisément cet équilibre que la musique synthétique commence à fissurer.