Depuis quelques semaines, l’offensive policière s’intensifie dans l’aire métropolitaine. Des positions longtemps tenues par Viv Ansanm ont été reprises, des facultés libérées il y a peu, les frappes se multiplient. Les affrontements n’ont pas cessé, les tirs s’entendent encore à distance, aucune zone n’est pleinement revenue à la normale, mais les progrès sont réels. Dans le même intervalle, cependant, les composantes métropolitaines de la coalition se sont tues. Les conférences de Jimmy Chérizier se sont raréfiées, les vidéos de propagande ont presque disparu, les attaques spectaculaires contre les institutions régaliennes ont cessé. Ce silence, installé au moment même où la pression monte, est la véritable nouveauté. Il appelle une lecture, et cette lecture n’est pas rassurante. Viv Ansanm entre dans son second âge, celui où une organisation criminelle cesse d’accumuler par la violence spectaculaire pour commencer à s’enraciner dans les circuits économiques de la société qu’elle parasite. C’est le moment le plus dangereux, parce que c’est celui où la bataille semble basculer alors qu’elle ne fait que changer de terrain.
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