En politique, comme dans les affaires, il faut faire des additions. En ce début mai, la somme devrait susciter des préoccupations et inviter à des actions pour mettre toutes les chances du côté de la réussite de la transition. Il n’y a toujours pas de nouveau décret électoral ni de budget pour réaliser les élections en 2026. Entre le gouvernement et le CEP, les violons ne s’accordent pas. Sur le montant du budget électoral, cela saute aux yeux. Il faut attendre pour voir s’il y aura d’autres pommes de discorde. Ce qui est tout sauf souhaitable, car la confrontation entre l’autorité politique et l’organe technique n’est pas une bonne approche. Le temps est venu de mettre de l’eau dans les vins des uns et des autres, d’être responsable par rapport aux ressources financières à injecter par un pays pauvre avec mille priorités en matière électorale. Le temps est venu aussi de rassembler tout le monde et toutes les énergies au service des élections. Le gouvernement et ses alliés doivent calmer leurs ardeurs, éviter de chercher des poux au CEP qui, techniquement, doit, via le décret électoral, déterminer les règles du jeu électoral.

Le Premier ministre Fils-Aimé doit, avec le support de partenaires internationaux sérieux, désintéressés, porter le CEP à bout de bras, accompagner, et changer la perception selon laquelle il souhaite faire dérailler le processus électoral pour se maintenir au pouvoir. Le CEP, beaucoup plus faible qu’il ne le croit, n’est qu’à un coup de plume de la dissolution et de l’appel aux secteurs à confirmer ou désigner de nouveaux représentants. Ce sont des scénarios à éviter. Les conflits inutiles et les poussées de testostérone des uns et des autres sont contre-productifs. Parallèlement, les signaux qui proviennent de l'Artibonite ne sont pas rassurants : Marchand Dessalines est tombé. St Marc angoisse. La probabilité de fusion entre Gran Grif, Kokorat San Ras et la Coalition inquiète au plus haut point ceux qui connaissent l’architecture, l’armement et les forces mafieuses et politiques qui tirent les ficelles dans le bas Artibonite. La police résiste à St-Marc. La task force a frappé ce jeudi les forces de Gran Grif, a appris Le Nouvelliste. Mais ces efforts, inconstants, et sans occupations des fiefs de ces gangs n’ont pas vocation à changer la donne sur le terrain. C’est presque toute la zone transversale, de Mirebalais à Pont Sondé, jusqu’à Marchand Dessalines qui est contrôlé par les gangs. La compréhension de la géographie et de l’usage des routes intérieures suscite des préoccupation à Saint-Michel de l’Attalaye, Marmelade, Pignon, Dondon et Hinche. Dans l’état actuel des forces en présence, la force publique n’a toujours pas la haute main. En ce qui concerne la Force de répression des gangs (FRG), il y a des préoccupations. Plusieurs centaines de Tchadiens sont au pays. “700”, avait confié le Premier ministre Fils-Aimé à Le Nouvelliste. Un bon nombre partage les baraquements des FAD’H à Vertières, selon nos sources.