Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) monte au créneau pour dénoncer l’arrêt-ordonnance rendu le 19 novembre 2025 par la Cour d’appel de Port-au-Prince en faveur de l’ancien directeur général de l’Administration générale des douanes (AGD), Romel Bell. Dans un rapport au ton particulièrement sévère, l’organisation des droits humains qualifie la décision de « parodie judiciaire » et exhorte le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) à diligenter une enquête afin de faire toute la lumière sur les motivations réelles des magistrats ayant statué dans ce dossier emblématique de corruption présumée.

L’affaire oppose le ministère public à Romel Bell, à son épouse Anna Dorvil Bell ainsi qu’au révérend Duckens Augustin, dit Duken Augustin. Tous trois avaient été renvoyés, le 8 mai 2024, devant le tribunal criminel sans assistance de jury par le magistrat instructeur Jean Wilner Morin. Le juge Morin estimait alors disposer de « charges concordantes et indices suffisants » pour les poursuivre pour blanchiment des avoirs, financement du terrorisme, complicité, fausse déclaration de patrimoine, enrichissement illicite et association de malfaiteurs. Le magistrat Morin avait en outre ordonné leur arrestation s’ils ne se trouvaient pas déjà en détention.