Il existe un paradoxe frappant entre la croissance nominale du système financier haïtien et la faiblesse structurelle de ses instruments de marché. Selon les statistiques de la BRH, entre décembre 2020 et décembre 2025, l’actif total du système financier est passé d’environ 403,0 milliards à 725,4 milliards de gourdes, soit une augmentation de 322,3 milliards. À première vue, cette progression peut donner l’image d’un système financier en expansion. Pourtant, cette croissance nominale ne traduit pas nécessairement un véritable approfondissement du marché financier.
Un système financier peut voir son bilan augmenter sans développer les mécanismes essentiels d’un marché de capitaux efficace. La liquidité secondaire, la transparence des prix, la diversité des investisseurs, l’existence d’une courbe de rendement et la présence d’actifs de référence sont indispensables pour structurer un marché financier. En Haïti, les Obligations BRH ne remplissent pas encore pleinement cette fonction. Elles existent comme instrument de politique monétaire, mais elles demeurent encore périphériques dans l’architecture financière nationale.




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