À l’occasion de la 32e édition de Livres en folie, l’essayiste et chercheur haïtien Rubson Brumaire propose un ouvrage dense et engagé intitulé Violence et Société ; violence permanente et désespoir collectif. Préfacé par Erlande Fanord, ce livre de plus de 200 pages s’attaque à l’un des phénomènes les plus marquants de la société haïtienne contemporaine : l’omniprésence de la violence sous ses formes multiples.
Structuré en deux grandes parties comprenant chacune six chapitres, l’ouvrage se présente comme une réflexion critique sur les mécanismes sociaux, politiques et culturels qui nourrissent la violence en Haïti. Dès les premières pages, l’auteur pose le décor d’une société traversée par l’instabilité, la peur et l’effondrement progressif des repères collectifs.
La première partie, intitulée Société et violence structurelle : analyse et réflexion, explore les dimensions profondes et souvent invisibles de la violence. Dans le premier chapitre, Violence contemporaine ; regards théoriques et critiques, Rubson Brumaire convoque plusieurs approches analytiques afin de mieux comprendre les formes modernes de domination et d’exclusion. Le deuxième chapitre, Vivre et survivre dans une société complexe, violente et sous-développée, s’intéresse aux conditions d’existence des populations confrontées à la précarité, à l’insécurité et à l’absence de services essentiels.
L’auteur consacre également un chapitre aux acteurs sociaux et aux fondements de la violence structurelle en Haïti. Il y aborde notamment les stéréotypes, les éléments de langage, certaines traditions sociales ainsi que des comportements collectifs qui, selon lui, participent à la reproduction de la violence dans le quotidien haïtien.
La seconde partie de l’ouvrage, Société et violence physique : analyse et réflexion, s’oriente davantage vers les manifestations concrètes et visibles de cette crise permanente. Rubson Brumaire y examine les conséquences humaines et sociales de l’insécurité, des déplacements forcés, des violences armées et des multiples formes d’agressions qui marquent le vécu de milliers d’Haïtiens.
Dans le texte de la quatrième de couverture, l’auteur explique avoir entrepris la rédaction de cet essai face à un « constat alarmant ». Il évoque une société où les violences — qu’il s’agisse de viols, de vols, du manque d’accès aux services sociaux de base ou encore des déplacements forcés — affectent quotidiennement une grande partie de la population. Selon lui, cette réalité pousse souvent les citoyens soit à se réfugier dans une nostalgie du passé, soit à nourrir l’attente d’un changement providentiel.
À travers cette publication, Rubson Brumaire entend démontrer comment la violence s’est progressivement imposée non seulement comme une tragédie quotidienne, mais aussi comme un outil de pouvoir et de contrôle social. Son ambition, écrit-il, est de contribuer à une réflexion capable d’ouvrir des pistes vers une société « plus équitable, où la justice et la paix reprendraient leurs droits ».
Titulaire d’une licence en sciences économiques et d’une maîtrise en sciences du développement, Rubson Brumaire est enseignant et chercheur en sciences sociales au Centre d’Égalité. Ses travaux portent principalement sur les conditions de vie, la pauvreté, la violence urbaine et les défis auxquels fait face la jeunesse haïtienne.
Dans sa préface, Erlande Fanord salue l’ampleur du travail réalisé par l’auteur : « Comment ne pas remercier l’auteur pour ce travail considérable qu’il nous a fourni et porté à notre appréciation. Rubson Brumaire, acceptez mes compliments. » Avec Violence et Société ; violence permanente et désespoir collectif, Rubson Brumaire livre ainsi un essai qui se veut à la fois diagnostic social, interpellation citoyenne et invitation à penser autrement l’avenir d’Haïti.






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