Quand le Premier ministre Didier Fils-Aimé prenait le contrôle de l’exécutif le 7 février dernier, tout était clair dans sa tête. Il s’engageait à créer les conditions pour la tenue des élections en vue de remettre le pouvoir à des autorités légitimes. Presque quatre mois après, le pays est toujours à la case de départ. Les mêmes problèmes qui empêchaient la tenue des élections sous les administrations précédentes sont restés entier. Jusqu’à aujourd’hui, le décret électoral révisé n’a pas été publié. C’est ce document qui dira si le gouvernement a la volonté ou non d’organiser les élections au cours de l’année en cours comme le Premier ministre le prétend. Il n’y a pas que l’insécurité qui peut être un obstacle sur la route des élections.
Pendant qu’on se demande s’il faut prendre le Premier ministre au mot par rapport à ses déclarations sur le processus électoral, les forces de l’ordre se montrent de plus en plus actives dans la lutte contre les gangs. Un peu partout, la Police nationale d’Haïti annonce des avancées dans la lutte contre des gangs. Les déplacés internes dans la zone métropolitaine peuvent-ils garder espoir de retourner chez eux bientôt ? A défaut de donner la garantie que cela sera possible, les autorités haïtiennes peuvent s’engager à protéger les quartiers encore habités en vue d’éviter une augmentation du nombre de déplacés internes à Port-au-Prince comme dans les villes de province. Il est aussi important de garantir le fonctionnement des entreprises privées, des hôpitaux, des écoles et d’autres institutions qui font la résistance face à la crise. Le gouvernement sera évalué sur sa capacité à reprendre les quartiers tombés sous l’emprise des gangs, mais aussi sur sa capacité à protéger les autres quartiers.




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