Un peuple qui lit est un peuple qui commet l’insolence suprême de penser par lui-même, refusant les catéchismes préfabriqués que les puissants de ce monde aiment tant lui dicter.
L’idée même qu’une arme puisse rivaliser avec un livre relève d’un manque absolu de goût. La brutalité est vulgaire, le plomb est lourd, tandis que la page possède cette légèreté insolente qui survit aux empires et aux affres du temps. Au Centre de Convention d’El Rancho, là où le monde s’attendait à trouver des cendres, la 32e édition de Livres en folie s’est dressée tel le pinacle des paradoxes, proclamant une vérité que les dictateurs redoutent et que les esthètes savourent : les livres ont gagné, le jour de la Fête-Dieu. C’est une victoire de la nuance sur le vacarme, le triomphe définitif du goût sur la rustrerie.





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