Invité le 4 juillet écoulé à l’émission Analiz de télé Métropole, l’ancien Premier ministre Claude Joseph a martelé avec force que son parti EDE est le mieux structuré et le plus organisé pour aller aux élections dont il souhaite la tenue le plus rapidement possible. En même temps, il a condamné le fait que les portefeuilles des ministères régaliens soient détenues par les tenants d’un seul parti, celui du pouvoir, tout en précisant qu’il était opposé à une nouvelle transition. Tout naturellement, l’animateur de l’émission Marvens Pierre lui demanda s’il souhaitait un remaniement ministériel. En guise de réponse,  Claude Joseph souligna que la situation ne se prêtait pas à une question de ôte-toi que je m’y mette.

Je commençais à savourer dans cette prise de parole une volonté de transparence et une certaine fraîcheur de ton qui nous changent de tous ceux qui souvent avancent masqués ou dissimulent leurs pensées, quand il ajouta qu’un remaniement ne résoudrait pas le problème de perception si le parti au pouvoir conservait les ministères stratégiques à des fins électorales. Fallait-il conclure de cette réserve qu’un remaniement de fond en comble serait suffisant pour allécher le chef du parti EDE? Qu’au lieu de vouloir changer de gouvernement par les élections dans le plus bref délai, il se contenterait d’un gouvernement Fils-Aimé chambardé pour en faire partie, au risque de prolonger la vacance de légalité que connaît le pays depuis 5 ans? Si telle est son ambition secrète, ce serait dommage, car ce que j’avais pris pour une percée conceptuelle serait en définitive un subtil mais désolant avertissement lancé à l’adresse du pouvoir actuel.