En conférence de presse, mardi 21 juillet, dans les locaux de la Banque de la République d’Haïti (BRH) à Delmas, le gouverneur Ronald Gabriel, accompagné de quelques membres du Conseil d’administration — Mathieu Fortunat, Georges Henry et Michèle Delerme — a révélé l’existence de plusieurs plateformes qui offrent des services de paiement en dehors de tout contrôle. « La BRH n’a aucun contrôle sur ces plateformes qui ne disposent pas d’autorisation de fonctionnement », a alerté Ronald Gabriel. À titre d’exemple, le gouverneur a cité une plateforme dénommée « Dessalines banques ». Selon lui, plusieurs autres plateformes se trouvent dans la même situation.

Ces plateformes offrent des services innovants qui ne laissent pas indifférentes les autorités monétaires. Sur ce point, le gouverneur reconnaît que ces services représentent une innovation importante. Il a fait savoir qu’il est nécessaire d’introduire ces innovations, qui seront bénéfiques pour l’économie haïtienne. « Cependant, il faut un encadrement légal pour réaliser ces transactions », a affirmé Ronald Gabriel.

Entretemps, la Banque de la République d’Haïti (BRH) développe un projet dénommé : « Digitalisation des paiements ». « C’est un projet qui permettra aux agents économiques du secteur formel et du secteur informel d’avoir accès aux paiements digitaux », a affirmé le numéro un de la banque centrale. Deux grands objectifs sont visés dans le cadre de ce projet : faciliter le règlement des transactions et diminuer l’utilisation du cash.

Avant de lancer ce projet, la BRH a réalisé une enquête afin de mieux l’implémenter. D’après les résultats de cette enquête, 60 % des personnes interrogées déclarent avoir l’habitude d’utiliser le paiement digital à travers les plateformes MonCash et NatCash. Plus de 90% des personnes questionnées se montrent intéressées par le paiement digital. Cette enquête réalisée, il y a 18 mois, auprès de plus de 660 personnes, avait eu lieu à Pétion-Ville, au marché des Cayes et au marché du Cap-Haitien.

Pour l’instant, dit le gouverneur, la banque centrale travaille au lancement d’un projet pilote à travers des solutions technologiques existantes pour que les acteurs économiques puissent effectuer des paiements sans avoir recours au cash. « Nous travaillons aussi dans le cadre de ce projet pilote pour faciliter l’interopérabilité des portefeuilles électroniques », a annoncé le gouverneur, au cours de la conférence de presse du mardi 21 juillet.

« Ce projet pilote porte sur l’intégration des portefeuilles électroniques pour que toutes les compagnies qui offrent des services de paiement puissent communiquer entre elles. Et que les paiements se fassent de manière instantanée. Ce n’est pas logique que des transactions soient effectuées aujourd’hui et que le bénéficiaire doive attendre deux ou trois jours pour recevoir son argent », a indiqué Ronald Gabriel.