Avec le président Jovenel Moïse et après son assassinat effroyable, tout est soudain entré en convulsion. Comme si soudain tout l’ordre du monde était inversé, comme si chacun ne connaissait plus son rôle, comme si on changeait de langage et d’univers. D’où notre désir acharné de trouver les « responsables ». D’où notre volonté de « venger » les victimes, d’où ce relatif répit, parce que le docteur Ariel Henry ressemblait par certains côtés à un vrai coupable, aujourd’hui à un exilé sans défense.

Après ce dernier blessé de guerre, a émergé dans une invraisemblable cacophonie le  (CPT) Conseil présidentiel de transition (sept présidents et deux observateurs sans voix délibérative) dont la plupart avait combattu avec virulence le président assassiné dans des conditions dignes d’un « thriller » ou d’un film de guerre qui montrent la gravité désespérante de la dégénérescence d’Haïti. Étrange coup d’Etat, en fait. La fin du CPT est celle, pitoyable et honteuse, des recyclés « funestes », assortis d’une gloire aussi soudaine qu’éphémère. Son échec spectaculaire, rappelons-le, est aussi, toutes générations confondues, celui de tous ces partis et secteurs qui l’ont créé, soutenu, guidé avec l’accompagnement de la Communauté internationale. Il est certes courant d’expliquer tous nos maux par les ingérences des étrangers. Mais c’est en l’occurrence, faire bon marché des (ir-) responsabilités nationales.