Ils étaient sept ce soir-là. Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1955, sur la place Sainte-Anne, à Port-au-Prince, le Conjunto International, fraîchement créé, réunissait Nemours Jean-Baptiste et Wébert Sicot aux saxophones, Julien Paul et Anilus Cadet au chant, Monfort Jean-Baptiste à la contrebasse, Mozart Duroseau à l'accordéon et Kreutzer Duroseau au tambour. La mémoire collective n'a retenu qu'un nom, celui du maestro. Cette série leur est consacrée à tous : quatre musiciens dans ce premier volet, trois dans le deuxième, et ceux qui rejoignirent l'aventure par la suite dans le troisième.
Le contexte était celui d'une scène musicale sous influence. Depuis l'Exposition internationale du Bicentenaire de 1949, les ondes et les boîtes de nuit de la capitale diffusaient des sonorités mexicaines, cubaines et nord-américaines. Le musicien Mario de Volcy, mémoire intarissable du compas, parle à ce propos d'une invasion culturelle. Les musiciens haïtiens reprenaient ces répertoires tout en cherchant une formule nationale capable de rivaliser avec eux. Lors d'un séjour à Saut-d'Eau, Nemours et Sicot convinrent de monter un orchestre dès leur retour à Port-au-Prince.






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