La conférence de presse du Conseil d’administration de la Banque de la République d’Haïti (BRH), tenue le 21 juillet 2026, aura marqué un moment important du débat économique national. En présentant l’évolution des principaux indicateurs macroéconomiques, le Gouverneur Ronald Gabriel a rappelé une distinction fondamentale : une baisse du taux d’inflation ne signifie pas une baisse des prix. Elle traduit uniquement un ralentissement de leur rythme d’augmentation. Quelques jours plus tard, dans une chronique publiée par Le Nouvelliste, le professeur Thomas Lalime est revenu sur cette affirmation afin d’en expliquer les mécanismes et d’en dissiper les nombreuses incompréhensions. (cf. L’inflation baisse, mais la vie chère persiste in Le Nouvelliste Haiti, 27 juil. 2026).

Sur le plan économique, la démonstration du professeur Lalime est rigoureuse. Elle mérite d’être saluée. Pourtant, sa portée dépasse le seul domaine de la politique monétaire. Elle invite à interroger la manière dont nos sociétés définissent désormais la prospérité, le progrès et, au fond, le sens même de l’économie.