C’est une guerre des récits ! C’en est une et elle est bien inflammable. Le dilemme post-Jovenel Moïse prouve qu’il faut désespérer de la transition construite comme une bombe à fragmentation qui finira comme un thriller grâce aux petites ruses des criseurs. C’est pourquoi le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui a aujourd’hui l’obligation de réussir incarne avec sérénité et pragmatisme le courant pro-élections ou électoraliste. Le courant anti-électoraliste auquel on pense se caractérise par les partisans d’une autre transition. Or il n’est plus grand monde pour croire à la rupture du processus électoral qui fait face à de terribles défis, à commencer par l’insécurité et la dispersion de plusieurs millions de votants. Mais comme l’a si bien fait remarquer le Premier ministre, l’organisation et la réussite des prochaines élections impliquent la participation et l’engagement de tous les secteurs de la vie nationale. Quand on se donne la peine de décrypter la conjoncture, on devrait envisager ces deux hypothèses ou scénarios (rii) qui projettent des champs de réflexions et des perspectives complètements différents : des élections avec les sanctionnés (anciens présidents de la République,  conseillers présidentiels, premiers ministres, parlementaires, ministres, directeurs généraux, chefs d’entreprise, chefs de gangs) seront diamétralement à l’opposé d’élections sans les sanctionnés ! C’est plutôt clair, d’ailleurs, ce mode d’approches, cette absence de subjectivité dans l’analyse.

Premier scénario : élections avec les sanctionnés pour des faits de corruption et de collusion avec les gangs par les États-Unis et le Canada, par les Nations unies et l’Union européenne, par la République dominicaine et la clameur publique ou l’opinion publique. Quel est le tribunal – national ou/et international – qui finira par juger tous ces présumés coupables. Sur le plan juridique, aucun de ces sanctionnés (prétendument candidats aux prochaines élections) n’a jusqu’à présent été l’objet de poursuites judiciaires, encore moins condamné par un tribunal quelconque. Et les Nations unies ? C’est une bonne et mauvaise question. N’étant pas candidat moi-même, mais vivant en Haïti, j’ai sur les Haïtiens et leur avenir, en proie à de monstrueux défis, un regard non-partisan. L’approche onusienne, en termes humanitaire et opérationnel reste la même, aussi limitée que possible : il  ne faut surtout pas dire au malade que c’est grave et que la médication qui ne sera pas douce est de son propre chef.