« C’est ironique de voir un pays, en l'espace de deux ans, arriver à cumuler 1.4 milliard de dollars de réserves brutes. C’est un problème. Pourquoi ne pas dépenser ces réserves-là ? C’est vraiment ironique si je peux le dire ainsi », a déploré Pierre-Marie Boisson, à l’émission « Wi, Ayiti kapab », diffusée la semaine dernière, qui aurait préféré que cet argent soit utilisé pour la rénovation de la zone urbanisée du Cap-Haitien.
À l’instar du gouverneur Ronald Gabriel, l’économiste Pierre-Marie Boisson a soutenu que les réserves brutes du pays représentaient plus de sept mois d’importation. Mais, il ne voit pas pourquoi ces réserves ne sont pas utilisées. « Pourquoi faut-il garder cet argent ? Pour stabiliser le taux de change », a affirmé M. Boisson. « Est-ce qu’il serait mieux d’avoir un taux de change stable au lieu d’avoir des investissements au Cap-Haitien, aux Cayes et des rénovations urbaines ? », s’interroge Pierre-Marie Boisson.
Avec les rénovations urbaines, il sera possible de permettre aux villes d’avoir de nombreux attraits, de l’avis de l’économiste. Pour lui, ces rénovations seront, en effet, des incitations importantes pour faire construire des hôtels et des lieux de divertissement. Sans l’ombre d’un doute, M. Boisson voit le tourisme comme un secteur plein de potentiel sur lequel il faudrait s’appuyer pour développer l’économie nationale. En donnant la priorité au tourisme, il valoriserait du même coup les industries connexes dont la musique, l’art, l’artisanat, la cuisine, l’infrastructure urbaine.
Toutefois, l’économiste Pierre-Marie Boisson a utilisé des chiffres pour parler des réserves nettes internationales de change et des réserves brutes, ces chiffres se révèlent nettement inférieurs à ceux communiqués par la BRH au cours de sa dernière conférence de presse, le 21 juillet 2026, dans ses locaux.
Dans cette conférence de presse du conseil d’administration de la Banque de la République d’Haïti (BRH) portant sur les récents développements macroéconomiques et les perspectives économiques, le gouverneur Ronald Gabriel avait levé le voile sur certains indicateurs économiques dont les réserves nettes internationales de change et les réserves brutes. Il a fait valoir les raisons qui expliquent de telles accumulations à un niveau supérieur au seuil de trois mois d’importations requis.
« Les réserves internationales nettes de change se chiffraient, en mai dernier, à 1,9 milliard de dollars. Quant aux réserves brutes, elles sont autour de 3,5 milliards de dollars, ce qui équivaut à huit mois d’importations. Selon les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) en la matière, les réserves brutes doivent être l’équivalent d’une disponibilité de trois mois d’importation pour supporter des chocs au niveau de la balance des paiements », se félicite le gouverneur de la banque centrale.





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