Le maire de New York, Zohran Mamdani, a déclaré lundi avoir demandé au président Donald Trump de rétablir le statut protégé des Haïtiens, après que la mairie a été contrainte d'identifier et de licencier des employés municipaux résidant dans le pays sous le régime du statut de protection temporaire (TPS) — un programme fédéral désormais abrogé, a rapporté un article du Daily News.

« Je me suis entretenu avec le président et j'ai clairement souligné l'importance capitale de cette question pour notre ville, notre économie et le bien-être de tous ceux qui considèrent cette ville comme leur foyer », a déclaré M. Mamdani lors d'une conférence de presse lundi. « J'ai également rappelé que le président est la seule personne habilitée à prolonger le TPS ou à accorder un sursis à l'expulsion (Deferred Enforced Departure). »

Des dizaines d'employés municipaux bénéficiant auparavant du TPS ont reçu un avis de licenciement après que la Cour suprême a confirmé la décision de l'administration Trump de révoquer ce statut pour les Haïtiens, dont les permis de travail légaux ont expiré le 24 juillet. Vendredi dernier, M. Mamdani a indiqué que la Maison Blanche avait ordonné à la mairie de « vérifier les autorisations de travail des Haïtiens bénéficiant du TPS et de se séparer de tout employé n'ayant pas trouvé d'autre voie pour travailler légalement ».

Lundi, M. Mamdani a affirmé qu'il n'avait d'autre choix que de se conformer à la nouvelle réglementation fédérale :« Nous ne prenons que les mesures auxquelles nous sommes contraints, au regard de ce que nous voulons pour cette ville et ce pays », a-t-il déclaré, peut-on lire dans cet article.

Le maire a expliqué que la ville a estimé qu'attendre davantage avant de licencier ces employés risquait de se retourner contre eux et, à terme, de compromettre leur capacité à rester dans la ville.

Pour les Haïtiens de New York ayant perdu leur statut, cela implique soit de rester dans l'illégalité, soit de tenter d'obtenir un autre statut légal, soit de retourner sur l'île, où la domination des gangs a plongé une grande partie du pays, y compris la capitale, dans l'instabilité et la violence.

Le département d'État américain a déconseillé aux Américains de se rendre dans ce pays, invoquant les conflits armés ainsi que les risques d'enlèvement et d'autres crimes violents. « Dire, à l'heure actuelle, aux Haïtiens new-yorkais qui ont bâti leur vie dans cette ville depuis des années qu'ils doivent y retourner... Il est terrifiant d'imaginer ce qui pourrait les attendre là-bas », a déclaré Mamdani dans l’article du Daily News.

Environ 350 000 Haïtiens et quelque 3 000 Syriens à travers le pays bénéficient du statut de protection temporaire (TPS), qui leur a permis de travailler aux États-Unis alors que leur pays d'origine traversait une urgence humanitaire.