Un étudiant haïtien vient de lever le voile sur le quotidien réel des enfants placés dans un orphelinat du pays. Schnider Paul, licencié en service social à la Faculté des sciences humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti (UEH), a évalué la prise en charge institutionnelle offerte par l’orphelinat Smyrne, situé à Gressier, entre 2020 et 2022. Son verdict est sans détour. La prise en charge de cette institution ne répond pas encore aux exigences de la protection de l’enfance. Ce mémoire, soutenu en mai 2026 sous la direction du professeur Jérôme Paul Eddy Lacoste, a obtenu la note de 82 sur 100.

Seize enfants vivaient à l’orphelinat Smyrne au moment de l’étude, douze filles et quatre garçons, âgés de cinq à seize ans. Aucun d’entre eux n’est orphelin au sens strict du terme. Leurs parents sont tous vivants, mais séparés, éloignés ou incapables, faute de moyens, de subvenir à leurs besoins. C’est cette pauvreté, plus que la perte d’un père ou d’une mère, qui pousse la plupart des familles haïtiennes à confier un enfant à un orphelinat. L’étudiant le rappelle avec force. Une maison d’enfants ne remplace jamais une famille. Elle ne fait que combler, pour un temps, un vide que la vie a creusé.