Est-ce que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, seul et tout puissant, veut réussir sa dernière transition ? C’est toute la question. Bien sûr, ce dernier dont le gouvernement a apporté une contribution financière robuste, une contribution considérable pour rehausser la participation de la Sélection nationale de football à la Coupe du monde 2026 a probablement songé au bilan négatif du général-président Prosper Avril, à l’ex-Premier ministre Ariel Henry et, certainement, aux anciens « présidents » du Conseil présidentiel de transition (CPT) qui l’ont pressuré de toutes parts ? Comment le nierait-il ? Comment s’y tromper ! C’est sa seconde chance, en somme ! Rien ne le destinait à cette « percée », encore plus à cette seconde transition. Une transition de plus en plus corsée dont nous en connaissons malheureusement l’issue, on doit le pressentir ! Il s’agit jusqu’à présent d’une réussite personnelle exceptionnelle. Mais le plus important c’est d’organiser des élections pour ne pas connaître le même sort que ceux qui ont échoué comme des perdants (« losers », comme aurait dit le président Donald Trump). Candidat malheureux au Sénat en 2016, sous l’étiquette du parti Vérité, aujourd’hui, habile tout autant que réaliste, il n’est pas un politicien de métier, mais c’est loin d’être un simple figurant, contesté par une opposition radicale. Dans le processus d’évacuation du CPT, il s’est révélé excellent tacticien en sa qualité d’homme d’affaires à travers tant de confusion et d’incertitudes, on doit le reconnaître aussi.
Mais même en l’absence des sept conseillers présidentiels et des deux observateurs aux contorsions, scandales et manigances abhorrés par l’opinion, le chantier électoral demeure un serpent de mer, pour tout un chacun. Désormais, le Premier ministre sans pressions présidentielles « appétissantes » semble s’empêtrer dans une crise électorale (profonde ou fabriquée). Cependant, l’accord entre le gouvernement de facto et le Conseil électoral provisoire (CEP) autour du budget des opérations électorales (120 millions US) vient à point nommé. Le conflit est venu aussi de ce que le pouvoir exécutif a remanié le projet de Décret électoral préparé par le CEP, sans oublier la nomination du directeur général Uder Antoine par l’Exécutif alors que ce dernier venait d’être installé par le CEP comme directeur exécutif. On a là un cas étrange, une situation pleine de risques, de méfiance. Là est aussi l’autre paradoxe des relations CEP / gouvernement provisoire. La politique se nourrissait, comme toujours, de plus d’incertitude que de volonté ferme avec le CPT qui a incarné les figures de l’échec et de la bêtise. L’exemple de leur attitude à l’égard de la criminalité / insécurité est totalement décevant. Mais la base consensuelle du pouvoir de transition dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé en terme de séparation de gâteau ou d’inclusion n’est pas aussi solide que celle d’Ariel Henry (aujourd’hui en exil). De nombreux groupes et « leaders » politiques réclament le départ de M. Fils-Aimé pour des raisons diverses (le gâteau mal séparé en est la première) : seule l’organisation des élections par tous les moyens et dans un délai raisonnable peut permettre au chef de l’Exécutif d’éviter le sort malheureux de Prosper Avril et d’Ariel Henry ou encore du CPT. L’organisation d’élections, et l’organisation des élections seule, est la voie à suivre, la porte de sortie pacifique. Aucune transition ne peut durer tout un mandat présidentiel, comme le voulait, semble-t-il, Ariel Henry ! Cinq ans viennent de s’écouler depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse ! Pourquoi ? Pour rien ! Pour amplifier le chaos ! Au profit d’intérêts sectoriels ! Pour partager en continu le « gâteau gouvernemental » ! Au détriment de la grande majorité souffrante et délaissée ! Pour voir le pays s’effondrer dans les ténèbres du banditisme et de l’instabilité chronique ! Faute de leadership multisectoriel national ou de projet commun de société.






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