Si je publie ces chroniques littéraires écrites en 2003 c’est pour deux raisons dont la première est que nous avons peu de témoignage d’écrivain haïtien sur le Tchad et la deuxième c’est qu’il nous permet de comprendre combien la réalité piétine dans certains pays. Une situation qui rappelle la nôtre. Il faut lire cette série comme datée par rapport à la situation de 2026.
Le taxi roule depuis un moment sous le ciel étoilé de N'Djaména, la capitale du Tchad. De larges rues poussiéreuses que bordent des maisons bancales. Des nuées de bestioles sous les rares lampadaires allumés. Des ombres fugitives. Brusquement, un homme en grand boubou blanc traverse la rue en courant. Le taxi ne ralentit pas. Des yeux d'animal effrayé pris dans les rets des feux. La ville n'est pas invitante et le touriste se fait rare, ce qui me rappelle Port-au-Prince où la présence du rare touriste n'altère pas la manière d'être du citadin.
À simplement lire les noms des rues, on comprend que c'est une ancienne colonie française. Nous débouchons rue de Bordeaux pour tourner à gauche sur la rue de Marseille, et tout de suite après, descendre l'avenue Charles-de-Gaulle vers la place de l'Étoile. Les deux autres artères autour de la Place de l'Étoile sont le boulevard de Paris et le boulevard de Strasbourg. La présence de la France reste encore massive ici, et cela malgré le fait que le Tchad soit devenu un pays indépendant depuis 1960.
La paix et le pétrole






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