Une pratique agricole vieille de plusieurs siècles est en train de disparaître à Jean-Rabel, dans le département Nord-Ouest d’Haïti. C’est ce que révèle le mémoire de Jackenson Philor, présenté à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti (UEH). L’étudiant a analysé le déclin du koumbit au sein de l’Organisation Paysanne pour le Développement de Fond-Ramadou (OPDF), située dans la 7e section communale de Jean-Rabel. Sa conclusion est sans ambages. Le travail payé remplace peu à peu le travail d’entraide dans les champs. Ce mémoire, soutenu le 30 janvier 2024 sous la direction des Professeurs Franck Séguy et Képler Aurélien, a obtenu la note de 86 sur 100, avec la mention très bien.
Pour comprendre ce sujet, il faut d’abord comprendre ce qu’est un koumbit. Ce terme issu du créole haïtien désigne un groupe de voisins qui se réunissent pour aider quelqu’un à finir un gros travail rapidement. Personne ne reçoit d’argent. Le propriétaire du champ offre seulement à manger, de l’eau et un peu de clairin. Un travail qui prendrait cinq jours à faire seul se termine parfois en une seule journée grâce au koumbit. Cette pratique vient d’une histoire ancienne. Elle remonte au temps de l’esclavage, quand les captifs cultivaient ensemble un petit lopin de terre pour se nourrir. Après l’indépendance, les paysans haïtiens ont gardé cette habitude d’entraide dans leurs champs.





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