Le dernier rapport de la Banque mondiale sur Haïti, consacré à la trajectoire de croissance du pays face à des risques accrus, a occupé l'essentiel de l'intervention de Kesner Pharel, vendredi matin, sur les ondes de Radio Magik9. L'économiste a salué un document qu'il juge accessible et qu'il recommande aux non-spécialistes, en particulier aux entrepreneurs, pour comprendre ce que le pays a traversé depuis 2018.
L'agriculture occupe une place centrale dans son analyse. Les pertes du secteur équivalent à 8 % du produit intérieur brut de 2025, soit environ 2,6 milliards de dollars américains, sur un PIB estimé par la Banque mondiale à 32 milliards. Un secteur qui emploie la majorité des travailleurs, mais ne capte que 1 % du crédit, rappelle-t-il. Des filières entières ont été laminées : les huiles essentielles, dont le vétiver, exportées pour 46 millions de dollars il y a une dizaine d'années ; les produits de la pêche, 27 millions ; la mangue, 12 millions de dollars par an avant la crise, source de revenus pour des centaines de milliers d'agriculteurs. Quand l'offre agricole recule alors que la population continue de croître, poursuit l'économiste, l'écart entre l'offre et la demande nourrit l'inflation, l'insécurité alimentaire et la misère.





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